Le Grand Pavois… pavoise !
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La 35ème édition du Grand Pavois s’est tenue au Port des Minimes de la Rochelle du 19 au 24 septembre 2007.
Ce salon nautique est une référence incontournable pour les passionnés, leur permettant de découvrir pas moins de 700 bateaux, dont 300 à flot et 400 à terre !
Accueillant plus de 100 000 visiteurs en 6 jours depuis 2002, avec 770 exposants de 30 pays différents, le Grand Pavois est devenu un évènement majeur du calendrier nautique international et l’un des plus grands salons nautiques à flot.
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C’est donc avec beaucoup de plaisir que je m’y suis rendu pour le week-end et que je retrouve cet agréable port par une journée douce et ensoleillée, ce 22 septembre 2007.
Arrivé un peu avant l’heure du repas, j’ai décidé de déjeuner à la terrasse d’une brasserie dressée à quelques mètres de la plage ! Je m’aperçois assez vite que je ne suis pas le seul à me réjouir de cette idée lumineuse… mais l’attente entre les plats me donnera l’occasion de m’offrir un confortable bain de soleil inespéré, au terme d’un été particulièrement économe de ces instants magiques !
Je prends congé à l’issue du café rituel, et empruntant à main gauche le sentier du littoral, je marche paisiblement en contemplant l’océan. Il est ce jour le théâtre d’une parade étonnante d’embarcations nombreuses et des plus variées, à voile ou à moteur, monocoques ou multicoques de sport, planches de surf agiles ou vieux gréements aux couleurs vives et aux carènes anachroniques !
Cette sympathique armada s’étire jusqu’à la réplique émouvante du phare du bout du Monde, que nous devons au génial aventurier rochelais André Bronner.
Avec l’aide d’une poignée de passionnés, cet homme a non seulement réalisé l’exploit de reconstruire au large du Cap Horn, sur un îlot désolé et à plus de 70m au-dessus du niveau de la mer, le phare du bout du Monde qui inspira à Jules vernes son dernier roman.
Mais à 12 780km de distance, il en érigea également une réplique à la pointe des Minimes, et l’inaugura, avec quel panache, le …1er janvier 2000, saluant ainsi l’aurore du 21ème siècle ! Chapeau bas, Sire « Yul Vernes!»…
Ayant prélevé de ces lieux et de ce moment quelques clichés photographiques qui en conserveront la mémoire, je me dirige vers l’accès principal du salon nautique, et me laisse entraîner par la foule affable et joyeuse qui investit progressivement les pontons.
L’étroitesse du passage laisse peu de chance au comportement individualiste, et je préfère garder mon rang dans la file jusqu’à sa dispersion entre les premiers voiliers à flot !
J’admire l’effort des grands constructeurs français qui exposent une gamme de monocoques performants, aux finitions impeccables.
Je ne résiste pas à la tentation de me hisser à bord d’un monotype de près de 40 pieds, ne fût- ce que pour en caresser la barre à roue gigantesque et ressentir l’émoi de l’appel du Grand Large !
Mais je dois éviter dans mon élan une jeune femme qui vient de s’agenouiller sur la plate-forme jonchée de paires de chaussures déposées par les visiteurs. Va-t-elle prononcer une incantation désespérée à la Déesse de la Fortune ? Non point, je comprends qu’elle vient d’aggriper d’une main ferme un chandelier, et que tendant à l’extrême limite son autre bras vers l’abîme glauque, elle s’efforce de récupérer, avant qu’il ne s’y enfonce pour toujours, le frêle escarpin qu’elle vient malencontreusement d’y précipiter ! Elle y parvient in extremis, et dépose prestement le petit soulier rafraîchi par ce bain de mer insolite contre son frère jumeau…Non sans un regard anxieux vers l’entrée du carré dont les attraits retiennent fort opportunément, pour quelques instants encore, la belle Cendrillon qui sera bien surprise en se rechaussant !
J’ai pu observer du cockpit les renvois des manœuvres, les enrouleurs de génois, les winches si bien distribués, et tant d’autres accessoires qui facilitent grandement la navigation d’une génération de plaisanciers heureux ! De mon temps…Bon !
Je reprends patiemment mon rang dans la procession des petites fourmis qui serpentent le long des pontons, et m’arrête quelque temps pour examiner un pêche croisière à la française, plutôt bien conçu mais sans idée révolutionnaire, et somme toute un peu cher pour mon budget !
Une annonce émane du commissariat général : encore un enfant raisonnable, las d’attendre des parents scotchés devant leur beau joujou !...Mais non, cette fois, c’est plus original : c’est une femme éplorée qui réclame fiévreusement le retour d’un mari distrait ! Une idée saugrenue me traverse l’esprit : n’a-t-il pas signé contre un gros chèque son passeport pour l’Aventure, et largué sur le champ femme et habitudes grisonnantes pour s’en aller voguer vers des cieux plus cléments, des îles paradisiaques peuplées de vierges languissantes ? Chut ! J’allais manquer de charité chrétienne !
Je passerai ainsi sans en être conscient plusieurs heures encore à m’émerveiller devant des semi-rigides extrêmes, des trawlers incroyables ou des catamarans habitables qui donnent réellement l’envie de liquider baraque ou appartement pour se payer une caravane marine et partir musarder dans les Bahamas ou les Fidji, charmé par les cabrioles rigolardes de troupeaux de dauphins chaleureux !...Deux petites filles les auront d’ailleurs très vite adoptés à leur manière, improvisant un trampoline sur le filet tendu entre les coques, en affrontant ingénument le regard torve des vendeurs !
Un grand moment d’émotion me saisira à la vue de la silhouette familière de Joshua, inoubliable compagnon de la vie errante de Bernard Moitessier, auquel nous devons tant de rêves !
Ayant vainement tenté d’embarquer à bord d’un cigare offshore démoniaque tenant la vedette à l’extrémité d’un ponton pris d’assaut, je me contenterai de lui tirer le portrait et remonterai sur la terre ferme pour commenter les dernières innovations des fabricants de coques open et de semi-rigides de plus en plus logeables et aisément transportables sur le lieu des vacances !
Je profiterai aussi du stand accueillant de nos amis de Guadeloupe et de l’orchestre folklorique attirant les visiteurs au pavillon de la Croatie, invité d’honneur ayant remarquablement mis en valeur ses ressources et ses produits à découvrir absolument!
Je pourrais encore vous parler du village de la glisse dressé au bord de la plage, du bassin permettant des essais ou de l’exposition de tout l’accastillage et de l’électronique dont sont désormais bardés les transocéaniques à la portée des nuls en trigonométrie !
Et de tant d’autres choses encore, qui confèrent à cette manifestation le caractère d’une grande et incontournable rencontre pour tous les amoureux de la mer et du bateau ! Un des week-ends réussis de l’année, en attendant l’an prochain ! Alors à bientôt, pour la 36ème édition !
Jean-Louis.





