Vendée Globe 2008-2009 : l’arrivée.
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Le Dimanche 15 mars 2009, à 18h33, heure locale, l’Autrichien Norbert SEDLACEK franchissait la ligne d’arrivée devant les Sables d’Olonne, à bord de son monocoque Nauticsport-Kapsch, au terme d’un périple de 126 jours, 5 heures, 31 minutes et 56 secondes.
Il était le onzième et dernier rescapé de cette circumnavigation qui avait vu s’élancer du même port, pour le meilleur et pour le pire, le 9 novembre 2008 à 13H02, pas moins de 30 valeureux skippers portés par la noble ambition de boucler leur tour du monde en solitaire, sans escale, sans assistance, mais avec les copains dans leur sillage !
Pour Norbert, cela n’aura pas été le cas…Mais il aura finalement ramené à bon port bateau et équipage, et mérite un grand bravo pour son courage et sa ténacité.
A l’autre extrémité du Temps, Michel Desjoyaux, « Maître du Monde » sur Foncia, s’était crânement présenté devant les Sables d’Olonne, à 16H11 heure française, le …Dimanche 1er Février 2009, soit 42 jours avant Norbert Sedlacek !
C’est tout simplement incroyable, mais vrai ! Cet exploit fantastique fait aussi du navigateur le premier marin à avoir remporté à deux reprises le prestigieux trophée après sa précédente victoire, huit ans plus tôt. Il bat au passage le record de l’épreuve détenu par Vincent Riou depuis l’édition 2004-2005, soit 87 jours, 10 heures, 47mn, avec un temps de 84 jours, 3 heures, 9 minutes et 8 secondes, à la moyenne de…14 nœuds sur les 28 303 milles parcourus par Foncia ! Ce qui le fera plaisanter sur l’objectif d’un prochain Vendée Globe en moins de 80 jours ! Mais c’est qu’il en serait bien capable, le diable!
N’oublions pas que Foncia avait commencé la course…par un demi-tour après quelques heures de mer, afin de réparer des problèmes électriques.
Le 11 novembre, tandis que les concurrents étaient aux prises avec le gros temps dans le golfe de Gascogne, et que les organisateurs annonçaient trois démâtages, Michel Desjoyaux reprenait le départ avec quelques 40 heures de retard sur la flotte et 670 milles à reprendre au meneur de jeu le 15 novembre !
Mais dès le 21 novembre, son handicap était tombé à 330 milles, et il revenait s’inviter parmi les dix premiers le 4 décembre avec des moyennes de plus de 18 nœuds dans les Quarantièmes, avant de prendre la tête du cortège au 44eme jour de course, à mi-parcours, au Sud-Est de la Nouvelle Zélande. C’était le 23 décembre.
Dès lors, il ne laissera aucune chance à ses poursuivants, malgré des ennuis de safran qui auraient pu lui miner le moral, et il ne cessera de creuser l’écart, prenant 500 milles d’avance sur Roland Jourdain dans l’Atlantique Nord le 26 janvier 2009, sans ternir la performance remarquable du skipper de Véolia, qui devra, hélas, s’incliner sur une rupture de quille et se réfugier aux Açores, terme prématuré d’une régate de légende !
La deuxième place reviendra au talentueux Armel Le Cléach, qui coupera la ligne à bord de Brit Air le 7 février…Et il faudra attendre le 14 février, pour voir apparaître devant les Sables d’Olonne, à bord de Roxy, une jeune anglaise facétieuse, enjouée et éminemment sympathique, Samantha Davies, qui devra toutefois céder la troisième place du podium au skipper Marc Guillemot, arrivé quelques heures plus tard, mais qui bénéficiait d’un bonus après s’être bravement dérouté et porté au secours de son ami Yann Eliès, lui-même victime d’une chute aux conséquences graves, à bord de Générali.
A situation exceptionnelle, réponse exceptionnelle : une seconde place de troisième ex-aequo sera également décernée à un autre vaillant et généreux navigateur, Vincent Riou, parvenu à récupérer dans des conditions extrêmes Jean le Cam, victime d’un chavirage à 200 milles du cap Horn, au prix d’un choc ayant entraîné quelques heures plus tard le démâtage de PRB alors que les deux skippers faisaient route vers le Chili !
En conclusion, cette course aura tenu toutes ses promesses et nous aura maintenus en haleine du premier jour au jusqu’au dernier.
Le gros temps et la casse n’auront épargné aucun concurrent, les démâtages se seront succédés, modifiant sans cesse le classement et le profil de la régate.
Nous aurons partagé la déception de Loïck Peyron, en tête jusqu’à son avarie le 10 décembre, attendu avec inquiétude puis avec soulagement le sauvetage difficile de Yann Eliès, ressenti de l’empathie pour le malchanceux Jean-Pierre Dick.
Nous aurons aussi tremblé pour Jean Le Cam devenu dramatiquement silencieux à la suite d’un chavirage qui aurait pu très mal tourner.
Mais nous aurons aussi apprécié dans ses séquences généreusement filmées à notre intention la fraîcheur et la bonne humeur constantes de Samantha !
Les records sont encore tombés, et nous pouvons aussi nous réjouir de savoir que tous ces personnages attachants sont rentrés sains et saufs dans leur foyer !
Cette course au large est avant tout une grande aventure humaine, mettant en scène les meilleurs marins de leur temps qui doivent sans cesse se dépasser pour vaincre les difficultés immenses de la tâche, faire taire leur angoisse et leur souffrance, lutter contre le froid et la fatigue, se concentrer sur les meilleures options tactiques, prendre des décisions difficiles et souvent lourdes de conséquences.
Je crois que nous pouvons leur dire, à toutes et à tous, un grand merci pour cet élan, ce souffle vital qu’ils nous insufflent et qui nous incite, par ces temps de crise, à aller plus haut, plus vite, plus loin !
La remise des prix de ce Vendée Globe aura lieu le 23 mai prochain, sur la plage des sables d’Olonne. Venez nombreux, car je suis sur qu’il y aura de l’ambiance, de l’émotion, et du bonheur à prendre ou à partager !
Jean-Louis.





