Vendée Globe 2008 : c’est reparti pour un tour !
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Un tour de quoi, au juste ?
Un tour en mer, d’accord, mais pas une simple promenade de santé !
Je vous explique. L’idée était dans les esprits depuis quelques années déjà, puisque nos amis britanniques avaient organisé en 1968 une course autour du monde en solitaire, le Golden Globe Challenge.
Les français créèrent un peu plus tard le Boc Challenge, un tour du monde en solo, mais avec escales. En 1986, lors d’une étape, trois copains imaginent et vont lancer sur le papier le concept d’une nouvelle régate : le tour du globe, sans escale, sans assistance, et en solitaire !
Avaler quelques 22 000 milles nautiques à bord d’un voilier monocoque de… 60 pieds, dans des conditions extrêmes, affronter des calmes désespérants, ou des tempêtes de fin du monde, des mers déchaînées, des vagues scélérates, connaître le grand froid et les icebergs, de jour comme de nuit, la solitude et l’épuisement, s’offrir un tour complet de l’Antarctique, en revenir si faire se peut avec bateau et « équipage », et cerise sur le gâteau, pouvoir s’entendre dire à l’arrivée que les autres…sont encore en mer !
Pure folie, mais quel challenge !
Ils étaient 13 à prendre le départ aux Sables d’Olonne, le 26 novembre 1989.
Le vainqueur de la première édition fut le navigateur Titouan Lamazou qui nous révèlera par la suite ses talents de dessinateur et peintre de la féminité à travers le monde.
La légende prendra corps au fil des éditions suivantes, et nous avons tous en mémoire le combat héroïque de la jeune Ellen Mac Arthur, l’exploit surhumain d’Yves Parlier, qui n’abandonna pas après un démâtage, et fut seul capable de réparer, de remonter l’espar, puis de terminer la course en se nourrissant des poissons qu’il capturait, agrémentés de quelques algues!
Nous dûmes hélas déplorer quelques disparitions tragiques, mais aussi vivre des sauvetages spectaculaires dont certains furent réalisés par les concurrents eux-mêmes, privilégiant la fraternité et la solidarité des gens de mer, bien au-delà de l’implacable compétition.
Titouan Lamazou boucla son tour du monde en un peu plus de 109 jours, tandis qu’en 2004, Vincent Riou l’emporta en un peu plus de 87 jours.
Que nous réserve cette nouvelle édition ?
Les constructeurs ne sont pas prisonniers de règles de jauge strictes.
Un 60 pieds Imoca (International Monohul Class Association) doit avoir :
-Une longueur maximum de 18,298m = 60 pieds.
-Un tirant d’eau maximum de 4,50m.
-Une insubmersibilité >130% du poids du bateau.
-L’obligation de satisfaire à 3 tests de stabilité.
C’est à peu près tout, à l’exception de quelques restrictions complémentaires par souci de sécurité ou pour éviter le choix de matériaux d’un coût excessif.
Donc, tout ce qui n’est pas interdit expressément…est permis !
Cette liberté de conception a généré une grande diversité architecturale, certains optant pour la puissance maximum avec des plans de voilure ayant doublé depuis la précédente édition, tandis que d’autres ont joué sur la légèreté.
Le choix de la quille inclinable et non plus fixe s’est désormais imposé, complété par des dérives. Les ballasts sont utiles au rappel, ou au choix de la meilleure assiette en fonction des conditions de navigation ; le volet de poupe (trim-tab) dérivé des bateaux à moteur a fait son apparition, le bout-dehors et les étais pluriels sur enrouleurs permettent d’avoir toujours à poste la toile qui va bien. Les mâts ailes pivotants offrent un avantage aérodynamique indéniable.
Ces points presque tous communs à l’ensemble des bateaux concurrents se déclinent en de savantes et subtiles nuances, au gré des intuitions géniales et du savoir faire d’architectes passionnés et novateurs !
Incontestablement, ces nouveaux purs-sangs plus toilés et plus larges, calés sur des bouchains vifs, plus légers aussi que leurs prédécesseurs, sont taillés pour la vitesse et devraient gagner dans le petit temps.
Mais ils devront encore tenir la distance, et avaler les milles sans broncher pendant plusieurs mois dans des conditions de mer et de vent parfois extrêmes, ce qui peut faire la différence.
Nous sommes à quelques jours du départ et déjà plusieurs abandons ont été annoncés sur avarie ou démâtage…
Quant aux 30 valeureux concurrents, hommes ou femmes, inscrits au départ de cette prestigieuse course autour du monde, ils sont pour la plupart nantis d’un palmarès impressionnant, et bien capables de tirer leur épingle du jeu !
Les paris sont donc largement ouverts, et je vous invite à suivre au quotidien les péripéties de cette grande et noble Aventure, en priant pour que l’Océan nous rende sains et saufs tous ces gars et ces filles au regard limpide, et avec un cœur gros comme çà !
A très bientôt pour la grande fête de leur retour aux Sables d’Olonne, et le bilan de cette régate des superlatifs qui s’annonce déjà comme un très grand cru !
Jean-Louis.
Site Internet : www.vendeeglobe.org pour obtenir des informations et le classement en temps réel.





